La fête de la divinité ORO dans le Plateau

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Le département du Plateau au Bénin est une région du sud Bénin, voisin du département de l’Ouémé qui abrite la capitale Porto-Novo. Il est à 40 minutes de Cotonou et est composé de 5 communes que sont : Sakété, Pobè, Ifangni, Kétou et Adja-Ouèrè. Ce département composé essentiellement des ethnies Yorubas ou Nagos (venus du Nigéria) et des Gouns qui se sont installés récemment. Plusieurs célébrations culturelles caractérisent les peuples Yorubas et Nagos. Ces célébrations ancestrales ayant suivi le peuple depuis le Nigéria. Au nombre de ces célébrations culturelles et cultuelles, il y a le Culte Oro

Le festival de culte Oro, appelé en Yoruba « Odun Oro » est une célébration qui a pour but de chasser les mauvais esprits de la cité. Cette célébration est connue pour priver les femmes et les enfants ainsi que les autres habitants de la région (Gouns et autres) de la liberté de sortir pendant quelques jours à une certaine période de chaque année.

Comme dans de nombreux cultes ouest-africains de ce type, il est interdit aux femmes et aux étrangers de regarder les figures masquées. En effet, le festival d’Oro est célébré dans les communautés yoruba et seuls les hommes originaires de ces communautés sont autorisés à y participer.

Crédit photo : https://www.aatren.com/details/oro-festival-26-09-2000/pn/1/

La période du festival d’Oro

Dans les villes où le festival Oro se déroule, c’est toujours dans le mois d’août que le festival a lieu et dure généralement environ un mois. Cette période est choisie car en Afrique c’est la période de la grande fraîcheur et par conséquent des maladies. Oro permet donc de chasser les mauvais esprits et de guérir les maladies. Aussi selon d’autres explications, cette période de l’année est choisie car c’est les vacances scolaires, ce qui permet de ne pas rencontrer de difficultés dans la célébration qui consiste à priver de liberté enfants et femmes. Chaque commune est libre de fixer le jour de commencement, mais il sera toujours en août et cela peut s’étendre jusqu’en septembre.

Le festival du culte ORO qui dure environ un mois se termine par un rituel de fin appelé en yoruba «èfè Oro ».

La manifestation du culte

Le festival du culte Oro débute toujours un dimanche du mois d’août. Toute la population se retrouve devant le couvent (la forêt sacrée) à 16h y compris les femmes et enfants. Les acteurs du culte et quelques adeptes se réunissent pour faire appel à la divinité pour donner le lancement. Quand il est donné, les femmes qui sont sur les lieux sont autorisées à taper les hommes avec des chicottes (ègba) avant de se voir privées de liberté à la tombée de la nuit. 

A Sakété par exemple, c’est la fête la plus célébrée par la population parmi la multitude de fêtes qui existent. Elle rassemble toutes les couches sociales de la cité. C’est la période où la diaspora de Sakété rentre au bercail pour ne rien manquer de cette fête. Le début de la festivité est marqué par des chants rituels sur la place du couvent. 

Dès le lancement du culte, les cris du fétiche Oro retentissent dans la forêt et font courir les femmes. Elles ne sont plus donc autorisées à sortir les nuits à partir de 23h environ jusqu’à l’aube.

Trois jours après cette ouverture, les femmes et les enfants sont appelés à rester enfermés pendant 24h ou 72h. Pendant ce temps, les hommes sont dehors et voient circuler le fétiche Oro. 

La « fermeture » a lieu 3 ou 4 fois en 17 jours selon le village ou la commune. La plupart dure 24 heures

La première fermeture est appelée Eta (3e jour), la deuxième éjé (7e jour) et la troisième èta dogou (17e jour). D’autres cités ferment symboliquement le 2e et le 3e jour. 

D’autres communes comme Pobè ne ferment plus dans la journée contrairement à Sakété. Ils permettent à la population de sortir dans la journée pour vaquer à leurs occupations. Elles ferment aux environs de 23h le soir jusqu’à l’aube du lendemain.

Malgré ces ordonnances restrictives, il est dit que ce sont les femmes qui apprécient le plus le festival. En effet, lorsqu’elles sont à l’intérieur, elles se reposent et apprécient les chansons de l' »adaba oro« . Ce sont les jeunes, membres de la secte, qui s’adonnent au tambour et au chant. Les chansons ont un message moral très élevé et, en même temps, elles sont divertissantes. Par exemple, les hommes peuvent utiliser les chansons pour insulter les femmes qui ne prennent pas soin de l’environnement. Les chansons peuvent également empêcher les femmes de faire des voyages nocturnes dangereux.

https://www.aatren.com/details/oro-festival-26-09-2000/pn/1/

Les acteurs du culte ORO

Comme toute organisation culturelle ou traditionnelle, le culte Oro a ses responsables. Chacun de ces responsables ont leur rôle souverain même si la cohabitation est primordiale. Il s’agit de :

Crédit photo : https://www.aatren.com/details/oro-festival-26-09-2000/pn/1/
  • Adjanan Oro : c’est le premier responsable et chef de la divinité Oro. Il est nommé par les adeptes pour un mandat illimité. 
  • Aborè : Ministre de Ajana
  • Alaké : Ministre de Ajana

Les deux ministres disposent des privilèges particuliers avec leurs troupes respectives

Tous les arrondissements ou démembrements locaux où se déroule le culte ORO ont chacun ces trois acteurs cités.

L’Initiation au culte ORO

Pour être initié au culte ORO il faut prendre en considération le genre et la maturité. Ainsi, les femmes ne sont pas autorisées à sortir pendant les jours de fermeture et ne sont pas autorisées à rentrer dans les couvents. Elles n’ont pas la capacité spirituelle de voir le fétiche.

Quant aux hommes, la liberté de sortir et de voir le fétiche ORO est conditionné à la maturité et à la discrétion. Même les adolescents peuvent être initiés à cela s’ils font preuve de maturité et de discrétion.

L’initiation se fait par une série de rituels qui consiste à apprendre aux nouveaux initiés les codes pour la survie à l’extérieur et à offrir au fétiche des produits tels que l’Igname, l’huile rouge et l’argent. Les ainés qui initient les nouveaux profitent aussi pour leur donner quelques coups de chicottes ou de punition corporelle pour les initier à la violence à l’extérieur.

Les étrangers et autres ethnies comme les Gouns et autres ne sont pas autorisés à être initiés au fétiche Oro.

Crédit photo : https://www.aatren.com/details/oro-festival-26-09-2000/pn/1/

Les différents types de fétiche d’ORO

Il existe plusieurs types de fétiches qui sortent pendant la fête d’ORO. Chaque fétiche à sa particularité. Il y a :

  • Oro : petit et grand, identifié en fonction de l’ampleur de sa voix ;
  • Iya Ifangni (Mandjowou) : qui est la femelle d’ORO et très ambianceuse envers les femmes ;
  • Kpakoko : qui est discret et réclame des dons comme l’Akassa.

Impacts locaux

La célébration du culte Oro a sur la société qui la pratique des conséquences positives et aussi négatives.

Les impacts vus comme positifs :

Le culte Oro crée une connexion profonde avec les traditions ancestrales. Il permet de créer un lien avec ces énergies et d’assurer la protection de la société contre les pouvoirs de la sorcellerie, de lutter contre plusieurs maladies spirituelles et différents fléaux relativement néfastes. On peut également y recourir parfois à titre exceptionnel afin de ramener le calme en cas de crise majeure ou de trouver solution à un problème.

Les impacts vus comme négatifs :

Du point de vue économique : pendant la célébration, les marchés, les boutiques et autres sont fermées. L’activité économique est donc momentanément, totalement à l’arrêt.

On peut estimer à au minimum 3 jours par an, la pause induite. Et ceci touche tout le monde, structures étatiques comme privées.

Les festivités prennent l’ascendant sur tout le reste, ce qui pour a conséquence arrêts et fermetures, touchant donc non seulement la vie économique mais aussi les déplacements, démarches, etc. Ce qui apparemment est vécu par d’autres parties de la population comme des blocages.

Entre les partisans des festivités et ceux qui n’y prennent pas part, il parfois des accrochages et des débats sont apparus sur les privations de libertés engendrés au nom de la culture et contraires aux lois de la république. Pour beaucoup, il est difficile d’obéir à la règle traditionnelle qui exige que les non-participants au festival restent en dehors des rues

Sur ces points, la communication s’est, par le passé, parfois envenimé. Au point d’entraîner des situations de crise entre les forces de l’ordre, les religions modernes et les adeptes du culte ORO.

La cohabitation entre le culte Oro et les autres religions n’a jamais été chose facile. Par le passé, des violences ont pu avoir lieu du fait des divergences entre les différentes parties. Afin de veiller au bon déroulement des festivités et à la sécurité de tous, les autorités régionales et étatiques agissent de leur mieux afin que les droits des uns et des autres soient respectés durant cette période.

Voici un extrait d’article relatif aux conséquences extrêmes et à la mort malheureuse d’une femme qui aurait été tuée pour avoir vu le fétiche et ainsi contrevenu aux règles formelles et strictes imposées durant cette période.

La mort présumée de non-membres qui voient le fétiche ou sont attrapés par ses adeptes est le point sur lequel le culte fait l’objet de critiques sévères. Les « fondamentalistes » parmi les musulmans et les chrétiens le considèrent comme un système abominable que les « croyants » doivent fuir. Mais même parmi les croyants, les opinions sont partagées. L’ingénieur Taye Ajibola est un musulman pieux vivant en République du Niger ; chaque fois qu’il est temps de célébrer l’oro à Yewaland, il revient chez lui pour y prendre part. Il a fait valoir que l’oro n’est pas une pratique païenne mais une façon de rassembler les membres de la communauté et de leur donner un but. Concernant le meurtre des femmes qui sont prises dans le processus d’oro, l’ingénieur qui, enfant, avait l’habitude de se tenir à l’écart des festivals d’oro a déclaré : « un jeu doit être joué selon ses règles !

https://www.aatren.com/details/oro-festival-26-09-2000/pn/1/

Une petite histoire ayant eu lieu à Sakété dans les années 60

À la fin des années 1960, une drôle d’affaire a été portée devant un tribunal de Sakete ; il s’agissait de deux groupes de fidèles Oro qui s’étaient battus sous la menace d’une arme à feu pour un désaccord sur la façon de procéder au festival Oro. Le juge, un profane et un non Yoruba qui était assis sur l’affaire, a posé aux adorateurs d’Oro une question importante qui a ensuite fait l’objet de chansons dans tout l’Anangoland : « mo se bi eyin ni e ngbe igbo oro ; ki lo wa de ti e ko mo ede oro ? (n’est-il pas dommage que vous, les adorateurs d’oro, ne compreniez pas le message même d’oro qui est un message de paix !) ). Cette question reste d’actualité, même aujourd’hui

HTTPS://WWW.AATREN.COM/DETAILS/ORO-FESTIVAL-26-09-2000/PN/1/

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Le sujet est passionnant ! Pour ceux qui veulent en apprendre vraiment plus et particulièrement sur le déroulement du culte en ces terres d’origine, nous vous avons réalisé en complément une traduction complète d’un article très détaillé et très intéressant.

Le festival d’Oro est un événement traditionnel yoruba annuel qui est normalement observé en juillet (Tempo 11 août 1999 ; Lycos Destination Guide s.d.). Le festival dure plusieurs jours et, pendant toute sa durée, les femmes et les autres personnes qui ne participent pas doivent rester à l’intérieur (BBC 19 juillet 1999 ; AFP 19 juillet 1999 ; Tempo 11 août 1999). Plusieurs sources ont commenté les différents aspects de l’événement. L’AFP a rapporté que « par tradition, les dirigeants yorubas demandent aux personnes n’ayant pas de lien avec l’événement de rester chez elles, ce qui donne lieu à un défilé nocturne de mascarades dans les rues des villes » (19 juillet 1999). La PANA a fait référence à « une vieille croyance Yoruba selon laquelle Oro ne doit jamais être vu par une femme » (19 juillet 1999). Le musée Lois E. Woods a rapporté qu’un double masque est « porté chez les Yoruba lors des rites ou des danses des sociétés secrètes, principalement celles d’Egungun et/ou d’Oro » (n.d.). Le président du conseil des chefs Arewa a déclaré que « les Yorubas célèbrent les fêtes d’Oro depuis plus de 56 ans » (Post Express 1er août 1999). BBC a commenté :

De nos jours, les Yorubas peuvent être chrétiens ou musulmans pratiquants, mais il existe encore des sanctuaires des anciens dieux dispersés dans la campagne, et les fêtes traditionnelles – comme la fête du culte d’Oro … sont toujours célébrées et prises extrêmement au sérieux.

Comme dans de nombreux cultes ouest-africains de ce type, il est interdit aux femmes et aux étrangers de regarder ses figures masquées (19 juillet 1999).

A la mi-juillet 1999, un affrontement entre Yorubas et Hausas aurait été déclenché par le meurtre par les Yorubas d’une femme haoussa qui se trouvait hors de chez elle la nuit pendant la fête d’Oro (AFP 19 juillet 1999 ; PANA 19 juillet 1999 ; Post Express 22 juillet 1999). L’AFP a rapporté qu' »au moins 66 personnes ont été tuées » à Sagamu, une ville située à environ 80 kilomètres au nord-est de Lagos (19 juillet 1999). La PANA a rapporté qu’au moins 50 personnes ont été tuées et que « les Yorubas ont allégué qu’une femme haoussa avait offensé la tradition locale en sortant samedi soir lors d’un festival Yoruba ‘Oro’. … Selon une version de l’histoire, les adeptes d’Oro en colère auraient attaqué la femme, et les membres de sa communauté haoussa auraient riposté, entraînant la mort et la destruction de biens » (19 juillet 1999). La BBC a écrit qu’elle aurait été tuée « après avoir vu la procession nocturne » (19 juillet 1999). Le Post Express a rapporté que « les troubles ont commencé le 17 juillet … lorsque des jeunes Yoruba en fête ont prétendument tué une femme haoussa qui aurait violé l’ordre de rester à la maison pendant le festival annuel d’Oro ». Dans un élan de colère, les attaques qui en ont résulté ont conduit à la mort d’autres Haoussas par les Yorubas » (27 juillet 1999). IRIN a rapporté que « le conflit a éclaté parce que les Yorubas ont déclaré que la communauté haoussa avait refusé d’obéir à la règle traditionnelle qui exige que les non-participants au festival restent en dehors des rues » (23 juillet 1999). The Economist a rapporté que « plus de 60 personnes » étaient mortes et

La tuerie de la semaine dernière à Sagamu a été déclenchée par la décision des Yorubas dominants de faire passer leur traditionnelle parade religieuse nocturne, ou mascarade, l’Oro, par le quartier haoussa de la ville pour la première fois en neuf ans, et par le refus des Haoussas d’honorer ce qui, selon les Yorubas, était leur tradition de rester à l’écart des rues pendant son passage (31 juillet 1999).

Un article sur le site Internet du parti socialiste mondial indique que

Le conflit semble avoir été déclenché après plusieurs jours d’un festival traditionnel yoruba, le Oro. Traditionnellement, les personnes qui ne participent pas au festival sont priées de ne pas descendre dans la rue. Les Yoruba ont parlé à un journaliste de la BBC et ont dit que les Haoussas n’avaient pas respecté cette tradition. Les Haoussas ont déclaré avoir été attaqués sans discrimination (17 août 1999)

Le Dr Frederick Fasehun, chef du Congrès du peuple Yoruba Oodua (OPC), a déclaré :

À Sagamu, vous savez que la fête traditionnelle d’Oro se déroulait lorsqu’une femme, invitée parmi les Yoruba, violait les principes de la fête d’Oro. Lors de la fête d’Oro, aucune femme, quelle que soit sa nationalité, ne doit voir Oro. Qu’elle soit italienne, anglaise, américaine, sud-africaine ou yoruba, aucune femme ne doit regarder Oro à l’œil nu. La peine pour une telle violation est la mort, quelle que soit la femme. C’est ce qui s’est passé à Sagamu (Tempo 10 nov. 1999).

Dans les informations complémentaires de ce journal :

TempoLife a recueilli que c’est le non-respect des heures de culte ou la restriction du fétiche aux sillons sacrés qui a conduit au conflit entre une partie de la communauté haoussa et les cultistes oro à Sagamu le mois dernier. Lors d’une discussion avec le magazine à Abeokuta, dans l’État d’Ogun, Taiwo Oloyede, un guérisseur traditionnel, a déclaré que la tragédie de Sagamu ne pouvait pas être le fait de personnes oro sérieuses puisque la femme haoussa prétendument tuée par des oro n’a pas disparu et que son corps a été retrouvé. A ki i ri ajeku oro, a-t-il dit, ce qui signifie que s’il s’agissait de vrais oro, son corps n’aurait pas été retrouvé. « Il s’agissait d’un simple cas de meurtre », a-t-il affirmé.

Il a ajouté que si la femme avait vu oro et que l’oro contenait des pouvoirs magiques, elle serait morte d’une mort « naturelle » sans que personne ne la touche.

La mort présumée des non-membres qui voient le fétiche ou sont attrapés par ses adeptes est le point sur lequel la secte fait l’objet de critiques sévères. Les « fondamentalistes » parmi les musulmans et les chrétiens y voient un système abominable que les « croyants » doivent fuir. Mais même parmi les croyants, les opinions sont partagées. L’ingénieur Taye Ajibola est un musulman pieux vivant en République du Niger ; chaque fois qu’il est temps de célébrer l’oro à Yewaland, il revient chez lui pour y prendre part. Il a fait valoir que l’oro n’est pas une pratique païenne mais une façon de rassembler les membres de la communauté et de leur donner un but. Concernant le meurtre des femmes qui sont prises dans le processus d’oro, l’ingénieur qui, enfant, avait l’habitude de se tenir à l’écart des festivals d’oro a déclaré : « un jeu doit être joué selon ses règles !

De même, Shuaibu Yekeen, un clerc musulman de Lagos qui envoie ses fils chez lui pour qu’ils s’initient à chaque fois qu’ils sont majeurs, a déclaré que tout cela n’était que du plaisir. Plus important encore, il a affirmé qu’avant d’envoyer son premier fils, il avait demandé l’avis de Dieu sur la compatibilité de l’oro avec l’Islam et que le propriétaire de la religion (c’est-à-dire Allah) lui avait donné le feu vert. C’est vrai ?

En fait, pour les indigènes, le but de l’oro est simplement d’empêcher la révolution des femmes. Pour les traditionalistes, il s’agit de veiller à ce que le tissu social soit maintenu intact (11 août 1999).

Un couvre-feu a été imposé à Sagamu par le gouverneur de l’État (PANA 19 juillet 1999 ; Post Express 22 juillet 1999). Quelques jours plus tard, les affrontements se sont étendus à l’État de Kano, apparemment en réaction au retour dans l’État des Haoussas qui avaient fui Sagamu (IRIN 23 juillet 1999 ; Post Express 28 juillet 1999 ; World Socialist Web Site 17 août 1999). Alors qu’IRIN signalait le 23 juillet 1999 des décès « non confirmés », Post Express rapportait le 17 juillet 1999 que « pas moins de 30 personnes étaient mortes de peur » à Kano, et que le « nombre de morts était passé à 40 » le lendemain (28 juillet 1999). Le 31 juillet 1999, The Economist rapportait que le président Obasanjo avait envoyé une délégation à Sagamu et que celle-ci « avait été alarmée par l’ampleur des dégâts et des pertes en vies humaines ».

Plus de détails sur le festival d’Oro sont fournis par Tempo :

Oro n’est pas une religion, mais un système visant à garantir la paix et l’harmonie dans le pays. …

Dans l’Egba et l’Egbadoland, c’est toujours le cas lorsque les membres de la secte oro se produisent. Un couvre-feu est imposé dans tout le pays. Les femmes doivent rester couchées à l’intérieur et couvrir leur tête et celle de leurs enfants, surtout les femmes. Le couvre-feu oro est, pour le peuple féminin, une sorte de condamnation à mort dont le seul répit est l’intérieur de leurs différentes chambres.

Ceci étant accompli, les jeunes membres de la secte oro se sont mis à chanter et à danser à travers le village. Pour les plus âgés, il était temps de sortir et de discuter des problèmes sérieux qui affectent à la fois les individus et la communauté dans son ensemble, en particulier les questions dont ils ne peuvent ou ne voudraient pas discuter en présence des femmes et des enfants. Les hommes ont pu s’en donner à cœur joie en faisant toutes ces choses entre eux. …

Oro, est aussi appelé « baba » (père) et « Oluwa » (seigneur). Les Anango de l’État d’Ogun et du Bénin l’appellent par ces trois noms, mais ils ont d’autres noms comme ita, ajala et alugbe, ce dernier signifiant (un seigneur fiable).

Dans l’Egba et l’Ijebuland, l’oro est un instrument de contrôle communautaire utilisé par les anciens. Son usage est sous le contrôle de l’Osugbo, le conseil exécutif traditionnel. Dans l’Anangoland, il existe également un conseil exécutif mais celui-ci est simplement appelé « awon agbagba ». Il est composé de l’ajano (ou ajanan) et d’autres ministres de culte tels que l’abore, l’atobo, l’eleri-ogun ou l’olori ogun. Mais là, le système est plus amorphe que dans l’Egba ou l’Ijebuland. A part les ajano et les anciens de la communauté semblent en être membres, s’ils croient au système. Des sources ont indiqué au magazine que cela est peut-être dû à la forte influence des religions étrangères, même si dans ses études sur la société yoruba, le Dr. Felix Iroko, professeur d’histoire à l’Université de la République du Bénin, Abomey – Calavy, a postulé que bien que le Sakete et ses environs aient été « fortement islamisés », les oro et autres cultes n’ont pas été affectés négativement.

Le festival du culte oro a lieu une fois par an ; il dure deux semaines. Mais en dehors de la période des fêtes – généralement entre juillet et août – les membres du culte peuvent se produire à des occasions ponctuelles. Il peut s’agir d’occasions d’offrir des sacrifices aux esprits ancestraux sur les « oju oori », le cimetière des fondateurs de la communauté ou lorsqu’il y a un problème de sécurité dans les terres et que les anciens veulent contrôler les mouvements des gens.

Lorsque l’oro est absent, il y a un couvre-feu sur les terres. C’est ce que demande la tradition. Seuls les hommes adultes peuvent sortir ; les enfants ne peuvent pas sortir. Les femmes ne doivent pas. En fait, l’une des principales caractéristiques du culte est l’exclusion des femmes de toute connaissance de l’oro, quel qu’il soit. Chaque fois que la divinité est sortie, on dit que oro se’de ou oro gb’ode, ce qui signifie littéralement qu’oro a pris possession de la terre ou qu’il a imposé un couvre-feu sur la terre.

Autrefois, et dans les zones rurales aujourd’hui, la fête annuelle de deux semaines se déroulait sur quatre jours complets et les nuits précédant et suivant chacun de ces jours. La session quotidienne de départ est connue sous le nom d’awodun oro. La deuxième session a lieu 48 heures après la première et est appelée eta, le troisième jour.

La troisième session a lieu sept jours après la première et est donc connue sous le nom d’eje. La dernière est l’etadogun. Bien que cela signifie littéralement le 17e jour, elle a en fait lieu le 16e jour. Le fait que chacune des quatre étapes commence un soir et dure toute la nuit, la totalité du jour suivant et la nuit suivante pourrait justifier l’appellation. Traditionnellement, après l’etadogun, les festivités se terminent par une fête mascarade qui dure toute la nuit et à laquelle participent des hommes et des femmes. Cette fête est connue sous le nom d’efe ikagba oro. Il a lieu dans les trois mois qui suivent les quatre séances d’oro.

Lorsque le couvre-feu doit être temporairement levé, un homme fait le tour du village en criant : « oro a ordonné à tout le monde de sortir et de se soulager, mais personne ne doit s’éloigner trop loin de chez lui ». Et, lorsque la courte pause se termine, le même homme fait le tour du village en criant « Baba ni ki alara paramo », ce qui signifie, selon le décret du seigneur, que le couvre-feu est en vigueur !

Un jour après chaque session, c’est au tour des femmes de faire leur propre chanson, de jour, en plein air mais sans voir l’oro. Il n’y a rien de mieux que de voir les femmes dans leur élément naturel, danser, sauter, chacune avec une canne à la main pour se fouetter les unes les autres. Comme pour les hommes, le but de la mise en boîte mutuelle est de rendre les gens résistants à la douleur corporelle et de les habituer à supporter les écarts de conduite de leurs voisins sans que cela ne devienne personnel ou ne les ennuie.

Ils chantent des chansons telles que : qui n’est pas sincère regarde par la porte pour voir le dieu.

Il faut noter que ces deux chansons sont la version féminine de celle que chantent les hommes, accusant les femmes de curiosité excessive et de manque de sincérité. Mais ces chants diffèrent d’une localité à l’autre et certains sont improvisés pour répondre à des situations particulières.

Avant de se rendre au village où elles dansent de maison en maison – comme le faisaient leurs homologues masculins un jour plus tôt – les femmes se rassemblent d’abord devant l’Igbo Oro (forêt sacrée).

Cet endroit est connu sous le nom de Ojubo oro ou oju igb’oro (sanctuaire oro). Elles y reçoivent des messages de bonne volonté ainsi que des admonitions du majowu, la déesse de l’oro. Le message de la déesse est une sorte de discours sur l’état de la nation en ce qui concerne les femmes. Lorsque la déesse parle, aucune femme n’ose parler. La peur s’empare de tout le monde. Les femmes s’agenouillent et disent leurs prières. Les danses et les chants ne commencent qu’une fois que le majowu a terminé son message et les a libérés en disant « e maa lo ki e si maa se jeje-e-e-e o ! Oro a gbe yin-in-in-in o ! » (allez, comportez-vous bien et soyez bleee sss eeed !).

Il faut noter que ce n’est qu’à ce stade qu’il y a un semblant de culte au sens réel du terme. Bien sûr, cela se produit dans toutes les religions, il y a toujours un risque de falsification car les fidèles ou les adeptes adoptent parfois des pratiques étrangères jusqu’alors déconseillées.

Par exemple, l’oro a dégénéré en une occasion, dans de nombreuses communautés, de vénérer d’autres divinités telles que Ogun (le dieu des métaux) et Oju oori, le tombeau des ancêtres également appelé Oju Egungun dans certaines régions. De plus, l’ajano (prêtre en chef) se promène en brandissant son bâton de bureau, un bâton de marche sculpté qui a reçu un aspect fétiche et effrayant, grâce à des déversements incessants de libation d’huile de palme.

Ethymologiquement, majowu, en langue yoruba, signifie « ne soyez pas jaloux ». Et, cela explique le mythe qui se cache derrière tout cela. Dans la société traditionnelle yoruba, un homme doit avoir autant de femmes qu’il le souhaite et aucune des femmes ne doit être jalouse de l’autre ou empêcher le mari d’acquérir de plus en plus de femmes. Majowu, en tant que déesse de la paix et de la discipline parmi les femmes, fronce les sourcils sur les femmes « mal se comporter », par jalousie. En parcourant le village de maison en maison le soir, majowu parle à tout le monde, surtout aux femmes. Elle bénit ceux qui, conformément aux normes et aux valeurs de la communauté, « se sont bien comportés ». En même temps, elle admoneste ceux qui se sont « mal comportés » l’année précédente. Ceux qui ont commis des infractions graves peuvent être condamnés à une amende.

Comme la voix du majowu est comme celle de l’harmonica, toutes les femmes ne peuvent pas comprendre ce qu’elle dit. Par conséquent, la déesse a un être humain, (un homme, bien sûr) comme interprète. Cette personne prend la responsabilité d’interpréter le message de la déesse dans un langage simple, dépourvu de son harmonica. C’est là que se trouve le mythe.

La raison d’être d’Oro, selon la légende, est d’éloigner le mal dans la communauté et, en même temps, de divertir. Les adeptes agissent comme des justiciers lorsqu’ils se produisent sur scène. Ainsi, des actes tels que le vol et le braquage sont empêchés, au moins dans le cadre traditionnel. En outre, l’oracle Ifa est consulté et les sacrifices nécessaires sont faits. Les gens pensent que cela peut contribuer à assurer la paix.

L’ironie est que dans la plupart des villes yoruba, les gens n’entendent parler que d’oro, le mari, ils sont totalement ignorants de majowu, sa femme. Le mythe d’oro est que c’est un dieu vivant sur un plan très élevé, inaccessible aux humains. On dit surtout à Anango et à Egbadoland qu’oro est un dieu (masculin). Entre lui et les humains, il y a le majowu. Le message qu’elle transmet est celui de son mari, oro.

Elle parle la langue des dieux ainsi que celle des humains. Elle est probablement l’équivalent yoruba de Janus, le fétiche romain à deux visages des origines et des portes. Sauf qu’ici, les images n’entrent pas du tout. Mais la vérité sur le majowu est la suivante :

C’est un homme, un être humain masculin qui se déplace avec un orgue à bouche traditionnel constitué d’un tuyau en bambou bloqué aux deux extrémités par une membrane de cellophane et ayant, au milieu, une ouverture pour la bouche. Lorsque l’homme parle dans le petit orgue, le vent de sa bouche sort par les ouvertures latérales bloquées, faisant vibrer la membrane de cellophane et produisant ainsi un son étrange comme celui de l’orgue à bouche ou de l’harmonica. C’est pourquoi l’utilisation de l’harmonica n’est pas très tolérée en Anagoland.

Dans les communautés traditionnelles Yoruba, aucun homme n’est comme ça avant d’avoir été initié au culte. En effet, l’initiation marque le passage de l’enfance à l’âge adulte. Elle a lieu vers l’âge de la puberté, en fonction de l’évaluation de ses capacités par ses parents et les autres hommes de la communauté. Avant l’initiation, on est généralement considéré comme un ogberi (ou egberi), c’est-à-dire la personne non initiée, un homme inférieur ayant le statut de femme. L’initiation ouvre les secrets du monde au nouvel arrivant.

Le mari de Majowu, oro qui « crie » si fort que sa voix peut être entendue jusqu’à 10 kilomètres de distance, est un mythe aussi bien qu’une réalité. Un mythe parce que le son sort d’un petit morceau de bois ou de métal. Il s’agit d’un petit objet de forme oblongue, de la taille d’une plume de queue d’un coq ou d’une poule domestique. Lorsque l’objet est jeté en l’air, il fait vibrer les molécules d’air. Et c’est la vibration qui provoque ce son étrange qui ressemble beaucoup à l’aboiement d’un chien.

Pour faciliter le lancer et la vibration, le morceau de bois (ou de métal) est attaché à une corde très souple. La ficelle elle-même est généralement attachée à un poteau flexible d’environ deux mètres de long. Lorsque le poteau est mis en rotation rapide, il transmet le mouvement à la ficelle et ensuite à l’objet oblong qui aboie en vibrant dans l’air.

Parfois, lorsque la ficelle est usée, elle se coupe en cours de route et l’objet est alors projeté comme un projectile. Lorsque cela se produit, un autre mythe contribue à couvrir cette insuffisance : les membres de la secte présents plaident « oro, ma so’ko ! … oro, ma so’ko ! » (oro, s’il te plaît, ne lance pas de projectiles ; s’il te plaît, ne lance pas de projectiles !) L’idée est de donner aux non-membres l’impression que le fétiche oro est en colère et qu’il lance donc des pierres. Si les laïcs entendent le bruit de l’objet lorsqu’il atterrit, par exemple, sur un toit, ils ne comprendront peut-être pas ce qui s’est passé. Mais malgré l’argument selon lequel l’oro ne doit pas jeter de pierres, l’objet est quand même jeté au loin. D’où l’adage yoruba qui dit : ti a ba so wipe ki oro ma so’ko, oro a ni oun o ni so omiran sugbon eleyi to wa lowo oun yi, on yoo so o (quand on dit à oro de ne pas jeter de projectiles, il accepte à condition de jeter d’abord celui qui est dans sa main). L’adage est utile lorsqu’une personne est conseillée ou suppliée de ne pas faire quelque chose après avoir théoriquement fait un pas qui, pour elle, est irréversible.

Avant l’avènement des moyens de communication modernes, le gadget servait également de moyen de communication en cas d’urgence. Lorsqu’il est sonné de manière persistante à une période ou à un moment délicat, les indigènes savent que quelque chose d’inhabituel s’est produit ou est sur le point de se produire. Ainsi, les anciens commencent à converger vers la place du village ou vers l’endroit d’où émane le bruit. Et, lorsqu’ils s’y rendent, ils le font en « vrais hommes », avec tous les fusils, machettes et juju possibles. C’est encore le cas aujourd’hui dans les zones rurales. Ainsi, l’institution de l’oro est en grande partie une façon de maintenir la solidarité du groupe et l’attachement aux règles et principes de l’obligation sociale.

De tout ce qui précède, il est clair que les hommes ne peuvent pas vénérer l’oro. Ils ne peuvent l’utiliser que comme un moyen pour atteindre une fin, pour affirmer leur autorité sur les femmes qui sont faites pour vénérer le fétiche oro.

C’est là que la réalité entre en jeu. À l’origine, lorsque les anciens sculptaient un oro, toute la communauté rassemblait ses pouvoirs juju ou magiques, ce qui était « à l’épreuve des femmes ». Le pouvoir est conféré à la pièce de bois sculptée, de sorte que toute femme qui la voit meurt de mort naturelle. Dans ces circonstances, ce n’est pas le morceau de bois ou de métal en soi qui est considéré comme tabou pour les femmes, mais les pouvoirs magiques qui lui sont conférés. C’est comme une pellicule photographique ; la vraie chose n’est pas le matériau celluloïd que nous voyons mais le produit chimique (comme le hallide d’argent) répandu sur lui et pour lequel le celluloïd sert simplement de support. Par conséquent, le véritable oro que la femme ne peut pas voir n’est pas le morceau de bois (ou de métal) mais l’ensemble de tous les oogun (pouvoirs magiques) de la communauté des anciens auxquels les femmes sont mortellement allergiques. Un oro sans ces pouvoirs n’est pas un oro, mais une imposture.

Mais ces pouvoirs magiques sont en train de devenir des légendes. C’est en leur absence que les gens ont recours à la force physique pour faire taire les femmes qui voient un oro, et c’est le cas dans de nombreux endroits de nos jours. Si une femme le voit ou si on pense qu’elle s’est trouvée en position de le voir, elle est réduite au silence pour toujours car on pense que les secrets sont un fardeau trop lourd à porter pour les femmes. C’est pour l’empêcher de divulguer le secret qu’elle est réduite au silence. Et, s’il y a d’autres profanes, hommes ou femmes, ils sont tous réduits au silence. Le jargon est que o ba oro lo (elle a disparu avec l’oro) ou que oro gbee mi (l’oro l’a avalée). Lorsque c’est le cas, les restes de cette personne sont enterrés dans l’igbo’ro (forêt sacrée). …

Aujourd’hui encore, dans les régions reculées de Yorubaland où les idées des Blancs n’ont pas mutilé la culture indigène, les profanes qui s’aventurent les jours d’interdiction sont « avalés » par oro. Ce fut le cas il y a trois ans à Oja-Odan (État d’Ogun), où la police a découvert trois têtes humaines fraîches chez les oro d’Ojubo.

A l’origine, pour éviter que des femmes curieuses ne regardent à travers la porte ou les fissures du mur et meurent ainsi prématurément, il y avait ce dicton : Bi o wo o firi e e ku firi, bi o wo o wara e e ku wara (regarde-le furtivement et meurs furtivement, vois-le rapidement et meurs vite).

Même de nos jours, où les gens s’accrochent encore fermement à la tradition, on pense que les anciens ont encore le pouvoir de conférer des allergies mortelles au fétiche oro.

Mais dans de nombreux cas, à Lagos et dans de nombreuses autres grandes villes, l’oro a cessé d’être sacré car les mécréants l’exploitent souvent pour créer la panique, voler ou commettre d’autres délits. Ce n’est plus le cas, comme par le passé, lorsque le majowu se déplaçait avec le ase ou l’épe à la main. Il s’agissait de pouvoirs magiques dont « elle » se servait pour s’assurer que tout ce qu’elle disait, que ce soit une prière ou une malédiction, se réalisait.

Afin de réduire les souffrances humaines tout en faisant flotter le drapeau d’oro, le temps nécessaire à son exécution a été considérablement réduit dans les villes et sur les routes principales des zones rurales. Aujourd’hui, dans ces régions, il se déroule au milieu de la nuit. Les représentations en plein jour sont généralement limitées aux cannelures sacrées. …

Oro est un morceau de bois auquel des pouvoirs magiques étaient autrefois conférés et dont sort un son. Oui. Mais comme TEMPOLife l’a découvert, ce n’est ni le morceau de bois ni les pouvoirs magiques qu’il contient que les fondateurs de la culture yoruba voulaient faire craindre aux femmes et, peut-être, vénérer. C’est plutôt le son qui en sort. Il est vrai que la Bible et le Coran condamnent sans équivoque le culte des idoles. Mais il n’y a pas de culte des idoles en oro. Ce qui est là, c’est de voir un être supérieur à travers le son et les vibrations. Et comme il n’y a pas de culte, au sens propre du terme, mais seulement de la peur, on ne peut pas vraiment dire que l’oro est une religion – païenne ou non – mais une simple confrérie. …

Mais le véritable danger pour oro, comme l’a découvert le magazine, ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Le vrai danger, ce sont les adeptes du culte eux-mêmes : « Lorsque les garçons de la région détournent le festival et commettent des meurtres au nom d’oro et que la communauté entière ne se lève pas pour le condamner, l’image de la secte est fortement endommagée », a déclaré une source.

À la fin des années 1960, un drôle de cas s’est présenté devant un tribunal de Sakete, en République du Bénin ; il s’agissait de deux groupes de fidèles oro qui s’étaient battus sous la menace d’une arme à feu pour un désaccord sur la façon de procéder au festival oro. Le juge, un profane et un non Yoruba qui était assis sur l’affaire, a posé aux adorateurs des oro une question importante qui a ensuite fait l’objet de chansons dans tout l’Anangoland : « mo se bi eyin ni e ngbe igbo oro ; ki lo wa de ti e ko mo ede oro ? (n’est-il pas dommage que vous, les adorateurs d’oro, ne compreniez pas le message même d’oro qui est un message de paix !) ). Cette question reste d’actualité, même aujourd’hui (11 août 1999).

La Direction des recherches n’a pas été en mesure de corroborer les détails de ce rapport dans les délais impartis par la présente réponse.

La présente réponse a été préparée après avoir effectué des recherches sur les informations accessibles au public dont dispose actuellement la Direction des recherches dans les délais impartis. Cette réponse n’est pas, et ne prétend pas être, concluante quant au bien-fondé d’une demande particulière de statut de réfugié ou d’asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des sources supplémentaires consultées dans le cadre de la recherche de cette demande d’information.

L’article original : https://www.aatren.com/details/oro-festival-26-09-2000/pn/1/


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À propos de l'auteur

Lionel

Auteur du blog Visiter le Bénin. Lit beaucoup, adore voyager et ne passe pas une journée sans apprendre quelque chose.


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