Le Zangbéto, figure protectrice et gardien de la nuit

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Le Zangbéto est un symbole traditionnel vodou, qui est encore surnommé le Gardien de la nuit, qui inspire la peur et la crainte dans le Sud du Bénin, particulièrement dans les villes de Ouidah, Abomey et Porto-Novo.

La légende raconte que les Zangbéto sont originaires de l’ancien royaume de Hogbonou, actuel Porto-Novo. Le fondateur de ce dernier Tê-Agbanlin pour maintenir l’ordre au sein de son royaume a eu recours aux Zangbéto

Mais que représente les Zangbéto historiquement, culturellement ? De nos jours quelle est la perception des Zangbéto dans la société du Sud du Bénin, qu’on sait très attachée à ses traditions, malgré l’impact de l’évolution et de la mondialisation.

Zangbéto

Sens historique

Etymologiquement, « Zangbéto » signifie en Goun (langue locale de l’Ouémé) « chasseur de nuit » ou « gardien de nuit». « Ozan » signifie la nuit et « Gbeto » signifie chasseur et/ou gardien. 

Le Zangbéto est la représentation des forces invisibles, des esprits, des forces de la nature et de la nuit qui ont habité la terre avant l’homme. Les Zangbéto s’organise sous forme de société secrètes avec des règles bien définies. On rencontre généralement les sociétés secrètes de Zangbéto dans la partie Sud et dans le Centre du Bénin.

L’histoire évoque que le recours aux Zangbéto pour la première fois remonte à la fondation du Royaume de Hogbonou. En effet, « Tê-Agbanlin, fondateur du royaume de Hogbonou et aîné d’une fratrie constituée de Medji le cadet, resté à Allada à la mort de leur père après une violente dispute, et de Dako-Donou, père du futur fondateur du royaume de Dahomey, arrive à Porto-Novo, après un long périple, et fut mal accueilli par les Yorubas.

Vexé, Tê-Agbanlin alla alors chercher le Zangbéto ou « Gardiens de la nuit », qui est un esprit vaudou, chargé de veiller sur le sommeil des habitants et d’éloigner, mauvais esprits et voleurs. A la vue de ce dernier, les Yorubas prirent la fuite selon la légende. Ceux qui restèrent, ont prêté allégeance à Tê-Agbanlin qui règnera durant 41 ans sur le royaume. 

Le Zangbéto

Originaire de Porto Novo au milieu du XVIIIe, le Zangbéto aurait été créé par Tê-Agbanlin pour maîtriser ses ennemis politiques et les malfaiteurs. Le Zangbéto est un grand masque et figure vodou, en forme conique couvert de pailles colorées, lesquelles sont constituées d’une structure en osier recouverte d’une grande jupe en raphia, coiffée d’un tablier, ornée de signes variés. 

L’ancêtre du Zangbéto est le « Kpakliyaou ». Ce dernier est roi de tous les Zangbéto. Sa case, la plus haute de la hiérarchie, peut atteindre 4 à 5 mètres.

Plus tard, le fils du premier masque, Lougoulougou apparut. Les Zangbéto protégeaient à la base la case de Tê-Agbanlin et de sa cour. Toutefois, au fur et à mesure que celle-ci s’étendait, d’autres Zangbéto étaient aussi créés. Ils représentaient la garde royale. Chacun d’eux s’identifiait à des animaux ou à des fétiches. C’est ainsi que les Zangbéto se sont étendus à d’autres quartiers de Hogbonou. 

Zangbéto

Afin d’organiser la sortie des Zangbéto, le roi de Hogbonou a décidé de rendre la divinité institutionnelle. Dès lors est né le mystère qui entoure les Zangbéto.

Le Zangbéto, afin d’assurer sa durabilité ainsi que son respect, s’est consolidé sur de nouvelles bases et s’imposera plus tard comme étant la police du royaume de Hogbonou

De nos jours, le rôle principal du Zangbéto est de démasquer les voleurs, les malfrats et les étrangers susceptibles d’apporter le trouble et de perturber la quiétude dans la cité des Aînonvis (les habitants de Porto-Novo). 

En d’autres termes, le Zangbéto est devenu un fétiche jouant le rôle de gardien et de policier qui veille sur la population et contrôle toutes les activités de la nuit

Par opposition aux temps des rois où, il était noctambule, le fétiche Zangbéto aujourd’hui, est aussi diurne et se présente à travers les événements et des occasions spéciales tels que : les cérémonies traditionnelles, les réjouissances populaires, les décès de l’un de ses adeptes… 

Ce sont de grands moments, au cours desquels les populations sont gavées de démonstrations spectaculaires diverses allant de la danse tournoyante des masques aux apparitions soudaines de fétiches, d’animaux ou d’objets de tout genre quand les masques sont relevés, sans oublier les chants et le rythme des tambours.

La nuit, le Zangbéto sort pour garder le village ou le quartier de ville dont il est issu en cas de crimes fréquents (vol, braquage, etc.). En cas d’arrestation des criminels, c’est à la police que ces derniers sont livrés, le plus souvent.

Les initiés aux rites et secrets Zangbéto

Le port du masque de Zangbéto est uniquement réservé aux initiés. L’identité de ces derniers appartient exclusivement au cercle fermé des Zangbéto. Ainsi leurs noms et visages demeurent inconnus du grand public, non-initié, car leur identité devrait rester une entité entièrement indépendante et séparée de leur vie

De plus, l’entrée dans la caste des Zangbéto n’est réservée qu’au sexe masculin et est soumise à des cérémonies d’initiations après avoir adressée une demande au dignitaire du quartier dans lequel le candidat réside ou voudrait être initié. Le candidat au port du masque Zangbéto, doit ensuite payer une certaine charge en nature composée de boissons alcoolisées et sucrées, d’animaux domestiques, et une somme conséquente d’argent. 

Zangbéto

Afin d’éprouver le courage et la bravoure des candidats, la rumeur raconte que ces derniers seraient soumis à des fouets. Seuls les plus courageux intègrent la confrérie. Dès leur acception, on leur octroi un nom d’initié sous serment de secret, ils jurent de ne jamais révéler ni à leur famille, ni à leur femme, ni à aucune autre personne non initiée, les secrets du couvent Zangbéto.

Ce n’est que cette étape franchie que le langage des masques est appris au nouvel initié. Il connaîtra bientôt tous les interdits et les obligations ainsi que ses droits et devoirs. Après quelques mois, il devra participer devoirs qui consistent à faire des offrandes et cotiser. 

Les initiés se reconnaissent par un code secret qu’ils se communiquent lorsqu’ils se croisent.

Par ailleurs, les « Nagos », un peuple voisin aux Gouns de Porto-Novo, sont interdits de s’affilier au masque Zangbéto parce qu’ils sont jugés trop bavards et très peu discrets néanmoins, seuls les dignitaires peuvent juger si ces derniers dignes de confiance.

L’organisation

Chefs Cultes, Dignitaires: 

  • Zangan Vadji (chef culte)

Participants aux cultes Zangbéto :

  • Les fabricants de tambours, de gon, de tamtam ;
  • Les couturiers
  • Les organisateurs de cérémonie
  • Les danseurs

Grades et secrets :

  • Zangan vadji (Chef du culte) ;
  • Zanvi (Les initiés) ;
  • Kpononhondji (Gardien de la porte du couvent et donc contrôle les entrées) ;
  • Houndjonoukpo (Il s’occupe des sacrifices).

Les Zangbéto de nos jours

Craint d’une part et adulée d’autre part, de nos jours la tradition, autour des Zangbéto, même si elle perdure s’est mutée. En effet, le Zangbéto est perçu comme étant désormais une des valeurs culturelles et cultuelles les plus influentes, les plus vivaces, et il constitue aussi aujourd’hui un élément d’attrait touristique au service du développement du Bénin.

Connaissais-tu ces rites et traditions autour du Zangbéto ?
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Traditions


À propos de l'auteur

Lionel

Auteur du blog Visiter le Bénin. Lit beaucoup, adore voyager et ne passe pas une journée sans apprendre quelque chose.


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